Parler en langues en église : Pourquoi ?

Une des difficultés et sources de confusion lorsque des gens de différentes nationalités communiquent ensemble est qu’on ne partage pas le même contexte culturel. On a bien beau parler la même langue, mais plus loin que la langue, il y a tout un baguage et des perceptions culturelles qui sont interprétés de chaque côté. Par exemple, lorsque je suis retourné en Roumanie une dizaine d’années après avoir quitté le pays de mon enfance, j’avais beau parler le roumain parfaitement, mais mes attitudes et expressions faciales rendaient mal à l’aise les locaux. Pourquoi? Tout simplement parce que les locaux ne souriaient pas autant que les Nord-Américains et ma joie, mon bonheur me rendait étrange à leurs yeux (voir même effrayant).

De la même manière, les questions et les soucis que nous avons lorsqu’on lit un texte biblique peuvent être très différents de ceux de l’auteur du texte. Le problème – bien sûr – est que chaque texte biblique a été écrit dans un contexte culturel différent – et pour des audiences différentes des autres.

Quel est le point commun entre ces textes ? L’Ancien Testament – et surtout la Loi de Moïse.

La Bible des chrétiens à l’époque de Paul (lorsqu’il écrivait 1Cor, par exemple) était l’Ancien Testament. Comment ça ? Le Nouveau Testament n’avait tout simplement pas encore été écrit. Ainsi, puisque la Bible des premiers chrétiens était l’Ancien Testament, ces premiers chrétiens étaient probablement beaucoup plus familiers avec cette partie des Saintes Écritures que nous le sommes aujourd’hui.

Parler en langues dans le contexte d’église

Lorsqu’on lit la Bible, une parmi les manifestations de l’Esprit Saint est le parler en langues. Mais – comme la plupart des bons dons que Dieu nous donne (par exemple la sexualité, le mangé, etc) – Dieu donne aussi des paramètres dans lesquels ce don doit exercer, en particulier lorsque nous sommes ensemble en tant que chrétiens. 

Parler à l’église : pourquoi ?

1Co. 14:6 Et maintenant, frères et sœurs, en quoi vous serais-je utile si je venais chez vous en parlant en langues au lieu de vous apporter une parole de révélation, de connaissance, de prophétie ou d’enseignement?

7 Si les objets inanimés qui rendent un son, comme une flûte ou une harpe, ne rendent pas des sons distincts, comment reconnaîtra-t-on la mélodie jouée sur eux? 8 Et si la trompette rend un son confus, qui se préparera au combat? 9 Il en va de même pour vous: si votre langue ne donne pas une parole intelligible, comment saura-t-on ce que vous dites? En effet, vous parlerez en l’air.

[…]

19 Mais, dans l’Eglise, j’aime mieux dire 5 paroles avec mon intelligence afin d’instruire aussi les autres, plutôt que 10 000 paroles en langue.

Il est évident dans les versets ci-haut que le but de parler – lorsqu’on est à l’église – n’est pas de s’édifier soi-même ou communier avec Dieu mais, plutôt, de faire du bien à ceux qui nous entourent. Le point de l’apôtre Paul est que parler en langues dans la présence des autres chrétiens est nuisible – à moins que les langues soient traduites, dans quel cas tout le monde comprendrait et tous seraient édifiés. 

Qui est affecté par le parler en langue dans le contexte de l’église ?

On distingue dans ce passage plusieurs groupes qui sont affectés par le parler en langues dans un contexte communautaire :

  • le monde spirituel (Dieu, anges, etc.)
  • la personne qui a le don
  • les croyants
  • les non-croyants
    • juifs
    • non-juifs

Pourquoi est-ce important de faire ces distinctions?

Parce que seulement les chrétiens et les non-croyants juifs seraient en mesure de comprendre une référence quelconque à l’Ancien Testament. De plus, seulement les juifs (chrétiens ou non) seraient visés directement par certains passages de l’Ancien Testament (par exemple les promesses et menaces reliées à la Terre promise). 

Alors, pourquoi parler en langues lorsqu’on est en public?

20 Frères et sœurs, ne raisonnez pas comme des enfants. Au contraire, pour le mal, soyez des bébés, mais par rapport au raisonnement, soyez des adultes. 21 Il est écrit dans la loi: C’est par des hommes d’une autre langue et par des lèvres étrangères que je parlerai à ce peuple, et même ainsi, ils ne m’écouteront pas, dit le Seigneur.

22 Par conséquent, les langues sont un signe non pour les croyants, mais pour les non-croyants; la prophétie, quant à elle, est un signe non pour les non-croyants, mais pour les croyants. 23 Si donc, alors que l’Eglise entière est rassemblée, tous parlent en langues et qu’il entre de simples auditeurs ou des non-croyants, ne diront-ils pas que vous êtes fous? 24 En revanche, si tous prophétisent et qu’un non-croyant ou un simple auditeur entre, il est convaincu de péché par tous, il est jugé par tous; 25 [ainsi] les secrets de son cœur sont dévoilés, et il tombera alors le visage contre terre pour adorer Dieu en déclarant que Dieu est réellement au milieu de vous.

Ici, on dirait que l’apôtre Paul se contredit. Est-ce qu’on doit parler en langues ou pas à l’église?

Evidemment, à l’époque de Paul tout comme aujourd’hui – il y avait des gens qui parlaient en langue, tous en même temps, sans traducteur. Ce n’est pas une bonne chose, nous dirait Paul :

26  Que faire donc, frères et sœurs? Lorsque vous vous réunissez, chacun [de vous] peut apporter un cantique, un enseignement, une révélation, une langue ou une interprétation. Que tout se fasse pour l’édification. 27 Y en a-t-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu’un interprète. 28 S’il n’y a pas d’interprète, qu’on se taise dans l’Eglise et qu’on parle à soi-même et à Dieu.

Alors, pourquoi Dieu aurait donné un tel don?

Paul répondrait que le don des langues est un signe, un signe pour les non-croyants. Pour quels non-croyants ? Les non-croyants juifs ou païens ?

Pour comprendre de quels non-croyants Paul parle ainsi que de la signification de parler en langue pour les non-croyants, regardons la Bible des premiers chrétiens, autrement dit, l’Ancien Testament.

Le contexte de l’Ancien Testament qui s’applique au parler en langues

v22 nous dit que les langues sont un signe pour les non-croyants, et, particulièrement, pour les juifs-non croyants. Pourquoi ?

Paul fait en effet référence à Esaïe 28:11 :

Esa. 28:11   Eh bien, *c’est par des hommes aux lèvres balbutiantes et par une langue étrangère

que l’Eternel parlera à ce peuple.

Lorsqu’on regarde le reste du chapitre 28 d’Esaïe, on voit qu’Esaïe fait référence en fait au peuple juif :

Esa. 28:12 Il leur avait dit: «Voici le lieu de repos.

Laissez se reposer celui qui est fatigué!

Voici le moment de la détente!»

Mais ils n’ont pas voulu écouter,n

13 et pour eux la parole de l’Eternel sera vraiment

ordre sur ordre, ordre sur ordre,

règle sur règle, règle sur règle,

un peu ici, un peu là,

afin qu’en marchant ils tombent à la renverse et se brisent,

afin qu’ils soient pris au piège et capturés.

Esa. 28:14   Ecoutez donc la parole de l’Eternel, hommes habitués à la moquerie,

vous qui dominez sur ce peuple à Jérusalem!

Autrement dit, le son des langues étrangères dans les oreilles des juifs était une manifestation que les étrangers étaient dans leurs pays, ou encore pire, c’était la déportation – autrement dit, le jugement de Dieu. En tant que juif, on est béni par Dieu lorsqu’on est dans la Terre promise et qu’on a la paix. Ne pas être dans la Terre promise, vivre la famine ou la guerre était un signe du châtiment de Dieu donc, il fallait se repentir et retourner à Dieu.

Selon cet argument, le don de parler en langues était un avertissement lancé aux Juifs que Dieu allait juger Israël pour son rejet de Jésus-Christ comme le Messie.[1]

Et, en effet, Israël a été exilé de la Terre promise pendant près de 2 000 ans.

À quoi est-ce qu’Esaïe faisait référence ?

En tant que prophète, Esaïe ne faisait que rappeler à Israel ce qu’ils savaient déjà, ce que Moïse leur avait dit il y avait bien longtemps :

Deu. 28:47   Pour n’avoir pas, au milieu de l’abondance générale, servi l’Eternel, ton Dieu, avec joie et de bon cœur, 48 tu serviras, au milieu de la faim, de la soif, de la nudité et des privations générales, les ennemis que l’Eternel enverra contre toi. Il t’imposera une domination inflexible jusqu’à ce qu’il t’ait détruit. 49 L’Eternel fera partir de loin, des extrémités de la terre, une nation qui fondra sur toi d’un vol d’aigle. Ce sera une nation dont tu ne comprendras pas la langue, 50 une nation au visage dur, qui n’aura ni respect pour le vieillard ni pitié pour l’enfant. 51 Elle mangera les portées de tes troupeaux et le produit de ton sol jusqu’à ce que tu sois détruit. Elle ne te laissera ni blé, ni vin nouveau, ni huile, ni portées de ton gros et de ton petit bétail, jusqu’à ce qu’elle t’ait fait disparaître. 52 Elle t’assiégera dans toutes tes villes jusqu’à ce que tes murailles tombent, ces hautes et fortes murailles dans lesquelles tu auras placé ta confiance sur tout ton territoire. Elle t’assiégera dans toutes tes villes, dans tout le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne.

Lorsqu’on regarde la description de cette nation ennemie des juifs, les Romains correspondent très bien au profil donné par Moïse. Mais, pour que ce soit encore plus évident pour les juifs qu’ils allaient être jugés encore plus sévèrement très bientôt (ce qui est arrivé en 70, et encore pire, dans les années 130) Dieu a donné le signe du parler en langues.

Même chose pour Jérémie :

15 Je vais faire venir contre vous une nation lointaine, communauté d’Israël,

déclare l’Eternel.

C’est une nation stable, une nation ancienne,

une nation dont tu ne connais pas la langue

et dont tu ne comprendras pas les paroles.

16 Son carquois est pareil à une tombe ouverte;

ce sont tous des hommes vaillants.

17 Elle dévorera ta moisson et ton pain,

elle dévorera tes fils et tes filles,

elle dévorera ton petit et ton gros bétail,

elle dévorera ta vigne et ton figuier,

elle abattra par l’épée tes villes fortifiées,

celles-là mêmes dans lesquelles tu places ta confiance.

Le don des langues était donc tout un signe pour les juifs non-convertis de l’époque de Jésus.

Qu’est-ce que ça a à voir pour les non-juifs, non-croyants, aujourd’hui ?

En tant que non-juifs, Dieu ne nous promet pas une Terre en particulier. De plus, la plupart des non-croyants aujourd’hui ne connaissent pas l’Ancien Testament ni les promesses et menaces que Dieu adresse à son peuple choisi. Ainsi, pour un non-croyant qui ne connait pas l’Ancien Testament et qui vit à l’extérieur d’Israël, le signe du parler en langue est « de la folie ».

23 Si donc, alors que l’Eglise entière est rassemblée, tous parlent en langues et qu’il entre de simples auditeurs ou des non-croyants, ne diront-ils pas que vous êtes fous?

Témoignage personnel : Lorsque le Seigneur avait touché mon coeur et j’étais à sa recherche, j’ai commencé à visiter toutes sortes d’églises, peu importe la dénomination. Je cherchais la vérité. Je cherchais Dieu. La raison pour laquelle je ne suis pas resté dans une église charismatique que j’avais commencé à fréquenter est qu’après avoir retourné de l’église un dimanche, j’ai ouvert la Bible au « hasard » et je suis tombé justement sur le chapitre 14 de 1Cor. Je me suis dit alors : « Si ces gens-là n’ont aucun égard pour ce commandement de Dieu, pourquoi devrais-je le faire confiance avec le reste? »

Comment est-ce que le don de parler en langues devrait être utilisé dans l’église contemporaine ?

En même temps, si le don de parler en langues est pratiqué dans l’Église aujourd’hui, il faut que cela se fasse conformément aux Écritures. Il doit s’agir d’une langue réelle et intelligible (1 Corinthiens 14.10), parlée dans le but de communiquer la Parole de Dieu à une personne d’une autre langue (Actes 2.6-12) et en accord avec le commandement de Dieu transmis par l’intermédiaire de l’Apôtre Paul : « Y en a-t-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu’un interprète. S’il n’y a pas d’interprète, qu’on se taise dans l’Église et qu’on parle à soi-même et à Dieu. » (1 Corinthiens 14.27-28) Le parler en langues doit aussi être pratiqué conformément à 1 Corinthiens 14.33 : « car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. »

Dieu peut parfaitement donner à quelqu’un le don de parler en langues pour lui permettre de communiquer avec quelqu’un d’autre qui parle une autre langue. Le Saint-Esprit est souverain dans la distribution des dons spirituels (1 Corinthiens 12.11). Imaginez combien de missionnaires pourraient être plus efficaces si au lieu d’être forcés d’étudier les langues, ils étaient immédiatement capables de parler celle de leur public. Pourtant, Dieu ne semble pas agir dans ce sens.[1]


[1] Got Questions, Qu’est-ce que le don de parler en langues ?accédé le 23 juillet 2019

Autres références :

Une réflexion au sujet de « Parler en langues en église : Pourquoi ? »

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