Des contradictions dans la Bible? Voyons voir…

On entend parfois des critiques du christianisme nous dire qu’il ne croient pas en la Bible « parce qu’elle est pleine de contradictions » (surtout parmi les athées irascibles).

Supposons pour quelques secondes qu’il y ait des « contradictions » dans la Bible.
Quel pourcentage des faits décrits représentent-ils? Est-ce sur des points majeurs ou bien des détails? À quoi peut-on les attribuer? Y-a-t’il des bonnes raisons pour ces « contradictions »?


Prenons un exemple de la vie de tous les jours: est-ce que si je trouve une contradiction dans les affirmation de quelqu’un je vais automatiquement tirer la conclusion que cette personne est un menteur et rien de ce qu’elle dit est vrai? Vraiment?

Evidement que non. À la place, on va lui donner le bénéfice du doute et on va lui poser davantage de questions pour comprendre qu’est-ce qu’il veut dire, d’où est-ce qu’il vient.

Lorsqu’il s’agit d’interagir avec la Bible, il faut enlever ses soulier d’homme moderne vivant au XXIème siècle et comprendre le monde des écrivains des évangiles, reconstruire les dialogues qui se passaient dans cette culture, reconstruire leur monde d’un point du vue des croyances (au moins!). On doit réaliser que leur styles littéraires ne sont pas les même que les nôtres, qu’ils dialoguent avec leur culture plutôt que la nôtre.

Quant « aux contradictions » souvent mentionnées, la plupart des commentateurs Bibliques (tel que les auteurs des séries de commentaires NIGTC, Pillar, etc) vont donner des réponses à ces problèmes apparentes: ils s’agit juste de les inclure dans notre réflection, dans notre interaction avec le texte. Il y a même plusieurs livres qui se donnent comme but de répondre à ses difficultés![1] Encore une fois, aller parler à quelqu’un qui est familier avec les ressources qui nous sont disponible aide beaucoup à cette réflection! Comme je le disais dans un autre article:

 la réflection théologique et la poursuite de la vérité devrait se faire en communauté, en dialogue non seulement avec notre propre communauté de foi (incluant ainsi les gens équipé par Dieu pour apporter de la lumière dans cette conversation tel que les anciens et les professeurs des séminaires) mais aussi avec l’église universelle (qui va au delà de nos barrières denominationelles, culturelles et temporelles).

Et, surtout, n’oublions pas qu’on n’est pas les premiers à se poser ces questions, on n’est pas en train de redécouvrir la roue! Les chrétiens ont lu et étudié la Bible verticalement et « horizontalement » (en utilisant des parallèles synoptiques) depuis 2 000 ans! En fait, c’est probablement ainsi qu’on a produit la Diatessaron (écrite à la fin des années 100)[2] et c’est peut-être aussi pourquoi qu’on a rejeté la Diatessaron! D’une manière formelle, on a imprimé et on compare les synoptique depuis le XVIIIème siècle![4]  Oui – aujourd’hui on a plus d’outils que nos ancêtres dans la foi, on a accès à plus de ressources, mais, d’un autre côté, on est plus distraits que jamais avec tous les choix qui nous sont offerts.

Il y a plein d’érudits évangélique renommés (tel que Darell Bock, Daniel B. Wallace, N.T. Wright, James Dunn, Craig Evans, D.A. Carson, Timothy Keller — pour en nommer que les plus connus) qui donnent d’excellentes réponses à tous ces problèmes: il s’agit juste de consulter leurs livres (ou bien, encore, les commentaires — qu’on peut souvent emprunter).

Finalement, lorsqu’on compare les évangiles il faut se rappeler que:

  • on n’est pas en train de regarder la réalité mais plutôt « un film documentaire » (autrement dit, il y a des parties qui manquent, les séquences ne sont pas nécessairement dans un ordre chronologique, il peut y avoir des compressions du temps, etc)
  • le lecteur à qui chaque évangile s’adresse n’est pas nécessairement le même! (ce qui explique la présence/absence de généalogies, différences de comment le temps est compté, différentes emphases, etc).
  • l’auteur est different, donc on regarde à travers des yeux différents. Pour moi, c’est ce qui rajoute de la crédibilité aux évangiles car ça montre que ce n’est pas l’histoire 100% compatible d’un écrivain qui a inventé une histoire dans son garage mais la production indépendante de témoins, pour la plupart oculaires (conclusion à laquelle on arrive quand on voit certains détails, des traductions d’événements et interactions, etc).

En fait, je m’avancerait même à dire que « les contradictions apparentes » sont en fait la preuve d’une transmission fidèle des écritures et un appel à exercer une certaine mesure de foi, à réfléchir davantage.


[1] Voir Norman L. Geisler, New International Encyclopedia of Bible Difficulties ou Gleason L. Archer Jr., The Big Book of Bible Difficulties: Clear and Concise Answers from Genesis to Revelation, les deux probablement disponible dans une bibliothèque ou librairies évangélique (sinon, certainement sur amazon.ca).

[2]  Article Wikipédia sur la Diatessaron.

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